La déclaration d'Indépendance du Cyberespace

Note :

Je l'ai cherché ce texte, cette déclaration d'Indépendance, j'aurais tant voulu la faire partager à tous durant les débats de certaines lois en France et en Europe.

Le drame est qu'il est fallu que l'affaire "MegaUpload" arrive, et que certain déclarent le début de la World War Web pour que ce texte réapparaisse.

Je tiens à le rappeler, je ne suis pas un hacktiviste, ni un hacker et encore moins un anonymous, je suis d’abord un internaute, et avant tout un rêveur.

Avant de vous laisser avec une traduction « personnel » (que j’espère être juste) de cette déclaration, j’ajouterai que tout résistant à toujours opéré caché et / ou masqué. Il est donc normal que si ce conflit qui se déroule sur notre terrain, nous soyons des resistants.
Et ceci est notre déclaration d’Indépendance.

 

La déclaration :

 

La déclaration d'Indépendance du Cyberespace ( A Declaration of the Independence of Cyberspace )

Par John Perry Barlow <barlow@eff.org>

Gouvernements du Monde Industriel, vous qui fatiguez les géants de chair et l'acier, je viens du Cyberespace, la nouvelle maison de la pensée. Au nom de l'avenir, je vous demande de nous laisser seuls. Vous n'êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n'avez aucune souveraineté là-bas.

Nous n'avons aucun gouvernement élu, nous n'en aurons sans doute jamais, donc je m'adresse à vous sans plus haute autorité que celle avec laquelle la liberté parle toujours. Je déclare que l'espace social global que nous construisons est naturellement indépendants des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n'avez aucun droit moral pour nous gouverner, pas plus que vous ne possédez de méthodes d'exécution que nous ayons de vraies raisons de craindre.

Les gouvernements tirent leurs pouvoirs du consentement des gouvernés. Vous n'avez ni sollicité, ni reçu le nôtre. Nous ne vous avons pas invités. Vous ne nous connaissez pas, pas plus que vous ne connaissez notre monde. Le Cyberespace n'est pas lié dans vos frontières. Ne pensez pas même pas que vous pouvez en construire, comme si c'était un projet de construction public. Vous ne pouvez pas. C'est un phénomène naturel et il se nourrit de nos actions collectives.

Vous ne vous êtes pas engagés dans nos conversations et réunions, vous n'avez créé non plus la richesse de nos marchés. Vous ne connaissez ni notre culture, ni notre éthique, ni même nos les codes tacites qui fournissent déjà à notre société plus d'ordre que ce qui pourrait être obtenu par n'importe laquelle de vos lois.

Vous affirmez qu'il y a des problèmes avec nous que vous devez résoudre. Vous utilisez cette affirmation comme une excuse pour envahir notre monde. Beaucoup de ces problèmes n'existent pas. Là où sont les conflits réels, là où sont les faux, nous les identifierons et les réglons à notre manière. Nous avons notre propre Contrat Social. Cette gouvernance surgira selon les conditions de notre monde, et non selon les vôtres. Notre monde est différent.

Le Cyberespace existe par les échanges, les relations et par la pensée elle-même, organisé comme une onde permanente à travers nos communications. Notre monde est partout et nulle part, mais il n'existe pas là où nos corps vivent.

Nous créons un monde où tous peuvent entrer sans privilèges ni préjudices accordés par  la race, la puissance économique, la force militaire, ou le lieu de naissance.

Nous créons un monde où n'importe qui, peut exprimer ses croyances n’importe où, peu importe qu'elles soient singulières ou non, sans peur d''être contraint au silence ou à la conformité.

Vos concepts légaux de propriété, d'expression, d'identité, de mouvement et de contexte ne s'appliquent pas à nous. Ils sont tous basés sur des faits et il y a peu ici.

Nos identités n'ont aucun corps, non, à la différence de vous, nous ne pouvons pas obtenir l'ordre par la violence

physique. Nous croyons que notre gouvernance apparaîtra de l'éthique, de l'intérêt personnel éclairé et du bien public.  Nos identités peuvent être distribuées à travers beaucoup de vos juridictions. La seule loi que toutes nos cultures constitutives reconnaissent généralement est la Règle d'or. Nous espérons que nous pourrons construire nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous essayez de nous imposer.

Aux États-Unis, vous avez aujourd'hui créé une loi, la "Telecommunications Reform Act", qui désavoue votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, DeToqueville et Brandeis. Ces rêves doivent maintenant renaître avec nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, puisqu'ils sont natifs d'un monde où vous ne serez toujours que des immigrants. Parce que vous les craignez, vous confiez à votre bureaucratie les responsabilités parentales que vous êtes trop lâches pour affronter vous-même. Dans notre monde, les sentiments et les expressions d'humanité, de l'avilissement des anges, font parties d'un tout homogène, l'échange globale de donnée. Nous ne pouvons pas séparer l'air qui étouffe, de l'air sur lequel battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, en Russie, a Singapour, en Italie et aux États-Unis, vous essayez de parer le virus de liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du Cyberespace. Ils ne pourront circonscrire la contagion que durant quelques temps, mais ils seront désuets dans un monde qui sera bientôt inondé par des médias porté par les bits.

Vos industries de l'information, de plus en plus désuètes, se perpétueraient en proposant des lois, en Amérique et

ailleurs, cette réclamation de posséder la parole elle-même dans le monde entier. Ces lois déclareraient des idées d'être un autre produit industriel, pas plus nobles que le mâchefer. Dans notre monde, toust ce que l'esprit humain peut créer, peut être reproduit et distribué infiniment et gratuitement. Le transport global de la pensée n'exige plus ce que vos usines produisent.

Ces mesures de plus en plus hostiles et coloniales nous placent dans la même situation que ces précédents amoureux de liberté et l'autodétermination qui ont dû rejeter les autorités de pouvoirs éloignés, et mal informés. Nous devons déclarer notre monde virtuel immunisé contre votre souveraineté, au moment même où nous continuons à consentir à votre autorité sur nos corps. Nous nous étendrons à travers la Planète pour que personne ne puisse arrêter nos pensées.

Nous créerons UNE civilisation de l'esprit dans le Cyberespace. Sans doute sera-t-il plus humain et plus juste que le monde précédemment crée par vos gouvernements.

Davos, Switzerland

February 8, 1996

 


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